

Les fouilles archéologiques conduites depuis le milieu du XIXè
siècle ont permis de dégager d'innombrables témoignages
permettant de savoir que l'actuel territoire communal fut occupé à
partir du néolithique. Plus de cinquante sites ont été
recensés ce qui est exceptionnel BIEVILLE-BEUVILLE fut occupé
sans discontinue durant près de 7 000 ans.
Deux sites présentent un intérêt majeur :
Le premier est celui des Pierres branlantes. Il s'agit de deux mégalithes
qui doivent leur nom à une légende indiquant qu'ils s'agitent
lorsque sonnent l'angélus et les douze coups de minuit.
Le second à été mis à Jour en 1998. Les fouilles
ont permis de retrouver un dolmen et de découvrir une allée
sépulcrale de la fin néolithique.
Si
la nature de ces vestiges est essentielle, les traces d'occupation laissées
par les gaulois puis les gallo-romains il y a 2000 ans sont nombreuses (une
vingtaine de sites dont quatre villas gallo-romaines). Des traces d'habitations,
d'enclos et d'objets de la vie quotidienne poteries vases, céramiques,
pièces de monnaie … ont conforté la nature même
des vestiges repérés.
Une voie romaine traversait le territoire communal. Cette voie d'importance
régionale reliait Bayeux à Rouen.
Trois autres sites sont plus étonnants :
Le premier est celui d'un camp romain en bordure de la route de Mathieu.
Le second correspond à une découverte effectuée en 1910
durant la fouille du terrain des Pierres branlantes. Mr Raoul DORANLO y dégagea
une statuette romaine représentant la déesse Vénus. La
localisation de cet ex-voto retrouvé au sein d'un ensemble néolithique
accréditerait l'idée de la survivance d'un culte postérieur.
Le troisième est l'un des plus remarquables (fouillé en 1989
lors des travaux d'aménagement du golf). Des traces d'habitations,
des haches polies, des tessons de poterie et de céramique puis un enclos
gaulois de 250 mètres de long ont été dégagés.
Ce vaste ensemble témoigne de la continuité de l'occupation
du site jusqu'au Ier ou Ile siècle de notre ère.
La période médiévale atteste par leur proximité
une continuité de l'occupation des sols.
Quatre sites majeurs ont été recensés :
Le premier est celui d'une ancienne léproserie (disparue à coté
du calvaire).
Le second a été révélé par la découverte
d'un collier en cuivre du haut moyen âge à proximité du
château de la Londe en 1879.
Le troisième découvert en 1927 lors de l'élargissement
de la route de Lion, une douzaine de sarcophages du haut moyen âge ont
été dégagés en bordure du
cimetière
de Beuville.
Le quatrième correspond au site de l'ancien château de Beuville.
Une petite nécropole fut découverte en 1942 lors de travaux
conduits par des soldats allemands occupant le château. Ce cimetière
sans doute mérovingien se situait à l'angle de l'avenue du Château
et de la route de Blainville : les soldats découvrirent également
les substructions d'un mur qui pourrait être celui d'une ancienne chapelle
disparue placée sous la protection de Saint Martin et encore attestée
en 1475. Le site du château fut à nouveau fouillé en 1970
puis en 2002 où furent dégagées d'importantes traces
d'habitations.
Les premières mentions conservées de Beuville et de Biéville
remontent au Xlè siècle. Le sens de ces deux noms aujourd'hui
juxtaposés et formant une heureuse altération est assez proche
puisque de nombreux noms de lieux sont construits en accolant le nom d'un
homme à celui de son domaine (villa). Biéville serait ainsi
le domaine de Boia comme sa forme primitive de Boiavilla en 1070 l'indique
et Beuville serait le domaine de Bodo comme le suggère la mention de
Bodvilla en 1134.
II existe certaines différences entre les deux entités aujourd'hui
réunies.
Celle de Beuville était inféodée à un seigneur
disposant, outre l'intermède de quatre siècles durant l'église
fut la présentation de l'abbaye du Val Richer. de prérogatives
religieuses et seigneuriales. II ne serait pas impossible que cette famille
portait au Xllè siècle le nom de Beuville.
La seconde, celle de Biéville fut dès le Xlè siècle
organisée autour de pouvoirs distincts Cette différence allait
expliquer durant six siècle, l'unité territoriale de Beuville
et le morcellement de Biéville.
Extrait du livre sur Biéville-Beuville
"Les Chemins Entrecroisés", ouvrage conçu et édité
par Pierre MOLKHOU "Histoires et Municipalités".